Podcastserie mit dem Chef der Armee – Episode 4

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Untertitel

Anna Muser: Ich bin hier in Bern beim Bundeshaus bei der Marzilibahn und warte auf Thomas Süssli. Es ist früh morgens und die Stadt erwacht gerade. In der Nacht hat es das erste Mal geschneit und alles ist weiss. Neben mir gibt es ein ziemlich grosses, rechteckiges Kiesbett mit vereinzelten grösseren Steinen darin. Es ist ein Kunstwerk, das zum Thema von heute passt: ich möchte mit dem Chef der Armee über seine Idee der „Armee für Alle“ sprechen. Mehr erkläre ich später, von weitem sehe ich Thomas Süssli bereits.

Hallo, Thomas

Thomas Süssli: guten Morgen, Anna

A: Thomas, wir stehen hier beim Kunstwerk „die Schweizen der Welt“. Es ist ein Werk des Berner Künstlers George Steinemann. Er hat Steine aus allen Ecken der Welt hierhergebracht, die ebenfalls den Namen „Schweiz“ tragen. Im Gegenzug hat er da, wo er die Steine weggenommen hat, eine gelbe Schweizer Wandertafel deponiert, welche die Distanz zur Schweiz anzeigt. Dieser Ort hier verbindet also die ganze Schweiz mit der Welt. Er zeigt auf, wie vielseitig die Welt und die Schweiz ist. Kanntest du dieses Kunstwerk?

T: Nein, aber ich habe davon gelesen und finde es eine ganz spannende Idee.

A: Diesen Sommer hast du Schlagzeilen gemacht. Beim Tages-Anzeiger hiess es: Armeechef rührt an ein Tabu, Militärdienst für Ausländer. Was kannst du dazu sagen?

T: Unsere Armee, das sind Bürgerinnen und Bürger, die einen besonderen Dienst für die Sicherheit von uns allen leisten. Die Armee ist aber nicht nur eine Milizarmee, sondern ein Gesamtsystem, sie ist auch Militärverwaltung und da haben wir bereits heute Mitarbeitende ohne Schweizer Pass. Zum Beispiel in der Logistik, der Informatik, aber auch an der Militärakademie.

A: Wenn du sagst, „Armee für Alle“, wer ist da alles inbegriffen?

T: das ist ein umfassender Begriff. Ich mag dieses Motto, es kommt vom Kommando Ausbildung und die Armeeführung identifiziert sich damit. Das bedeutet, dass ist eine Armee, in der alle, die wollen und können, einen Beitrag leisten können. Unabhängig von Geschlecht, von Sprache, ich kann mir auch Menschen mit körperlichen Einschränkungen vorstellen, die zum Beispiel in der IT oder im Cyberbereich einen wertvollen Dienst leisten.

A: Was erhoffst du dir von mehr Diversität in der Armee?

T: auf der einen Seite ist die Armee ein Spiegelbild der Gesellschaft. Ich erhoffe mir von der Diversität, dass wir das auch abbilden können. Die Armee soll ein Platz sein, wo jede und jeder, der möchte, einen Beitrag leisten kann. Ich möchte aber auch, dass wir von der Diversität und der Spezialisierung, die damit kommt, profitieren können.

A: Denkst du, das System der Armee ist bereit für so viel Vielseitigkeit?

T: Das System Armee schon. Manchmal habe ich das Gefühl, wir sind in unserer Kultur und in unseren Köpfen noch nicht ganz bereit dazu. Aber das Schöne an der Kultur ist ja, wenn jeder bei sich beginnt, dann haben wir ab morgen bereits eine andere Armee und zwar jene, welche wir wollen. 

A: und du denkst, die Armee ist dazu in der Lage?

T: das können wir machen. Vielleicht nicht von heute auf morgen, das braucht Zeit. Aber das können wir.

A: Du sagst, die Armee kann ihre Soll-Bestände von Leuten, die eingeteilt sind, bis 2030 nicht mehr decken, wenn der aktuelle Trend so weitergeht. Ist die Idee von „eine Armee für Alle“ einfach eine Verlegenheitslösung?

T: diese beiden Themen haben nichts miteinander zu tun. Beim einen geht es wirklich um die Alimentierung. Da sind wir mit verschiedenen Massnahmen dran, kurzfristigen und mittelfristigen. Auch in der Politik gibt es Bestrebungen, etwas daran zu ändern, es gibt zum Beispiel die Motion Bürgerdienst. Aber „eine Schweizer Armee für Alle“ ist etwas, was wir aus eigener Initiative und eigenem Antrieb machen, um eine vielseitige Armee zu werden.  

A: gewisse Kreise sehen in der Idee von „eine Armee für Alle“ einen Tabubruch. Kannst du diese Perspektive nachvollziehen?

T: ich kann diese Perspektive nicht nachvollziehen. Die Milizarmee im bewaffneten Dienst bleiben Schweizer Bürgerinnen und Bürger. Es geht hier wirklich um die Militärverwaltung. Und hier verstehe ich nicht, warum jemand, der in einem Verpflegungszentrum arbeitet, einen Schweizer Pass braucht und warum jemand, der im Alltag in der Logistik oder in der Informatik tätig ist, einen Schweizer Pass braucht.

A: Noch eine letzte Frage und zurück zu diesem Kunstwerk: Du warst in deinem Leben viel unterwegs und hast viel Zeit im Ausland verbraucht. Worauf hast du dich jeweils am meisten gefreut, wenn du zurück in die Schweiz gekommen bist?

T: ich denke auf das Brot. Auf knuspriges, richtiges Schweizer Brot, vielleicht mit Ruchmehl und Körnern darauf.

A: Danke für das Gespräch.

Anna Muser : Je suis actuellement à Berne, au pied du Palais fédéral, près du funiculaire du Marzili ; j’attends Thomas Süssli. La ville s’éveille à peine, il est encore tôt. Cette nuit, il a neigé pour la première fois et tout est recouvert d’un manteau blanc. À côté de moi, un rectangle assez grand de graviers sur lequel sont posées quelques grosses pierres. C’est une œuvre d’art qui sied au thème du jour, car je voudrais parler avec le chef de l’Armée de son concept d’une « armée pour toutes et tous ». Le voilà d’ailleurs qui arrive au loin. Je vais donc revenir plus tard sur ce sujet.

Bonjour Thomas

Thomas Süssli : Bonjour Anna

A : Thomas, nous nous trouvons actuellement près de l’œuvre « Schweizen der Welt » (Suisses du monde), une création de l’artiste bernois George Steinmann. Pour la réaliser, il a ramené des pierres prélevées de par le monde dans des régions appelées du nom de notre patrie. Là où il les a prises, il a déposé un panneau jaune de randonnée sur lequel est inscrite la distance qui sépare notre pays de l’endroit en question. Cette œuvre relie donc la Suisse au monde. Elle incarne la diversité. La connaissiez-vous ?

T : Non, mais j’avais lu des articles à ce sujet et je trouve l’idée passionnante.

A : Vous avez fait les gros titres de la presse, cet été. Le Tages-Anzeiger rapportait que le chef de l’Armée bravait un tabou : le service militaire pour les personnes étrangères. Qu’en est-il vraiment ?

T : Notre armée, ce sont des citoyennes et des citoyens suisses qui effectuent un service particulier pour garantir notre sécurité à tous. Mais elle n’est pas seulement une armée de milice : c’est un système global, avec une administration militaire qui compte déjà parmi son personnel des personnes qui ne possèdent pas la nationalité suisse, et ce non seulement dans les secteurs de la logistique et de l’informatique, entre autres, mais aussi à l’Académie militaire.

A : Quand vous parlez d’une « armée pour toutes et tous », qu’entendez-vous par là ?

T : Ce sont des termes généraux. J’aime cette devise ; elle vient du commandement de l’Instruction et s’applique à toute la conduite de l’armée. Elle signifie qu’il s’agit d’une armée ouverte à quiconque veut et peut rendre service à la communauté, quel que soit son sexe et sa langue. Je pense aussi aux personnes ayant un handicap physique qui peuvent apporter un précieux concours, par exemple dans les domaines informatiques ou cyber.

A : Qu’espérez-vous d’une plus grande diversité au sein de l’armée ?

T : L’armée est le reflet de notre société. J’attends tout d’abord de la diversité qu’elle honore aussi cet aspect. L’armée doit être un lieu où toutes les personnes qui le souhaitent peuvent apporter leur pierre à l’édifice. J’aimerais également que cette diversité et la spécialisation qui en résulte nous soient profitables.

A : Pensez-vous que le système militaire actuel soit prêt pour tant de diversité ?

T : Le système oui, mais j’ai parfois l’impression que nous ne sommes pas encore tout à fait prêts, dans notre culture et nos esprits. Mais si tout le monde y met du sien pour que les mentalités évoluent, nous pourrions avoir sous peu l’armée que nous souhaitons désormais. 

A : Vous pensez que l’armée en est capable ?

T : Nous pouvons le faire. Pas du jour au lendemain, bien sûr, et cela prendra du temps. Mais nous en avons les capacités.

A : Vous dites que l’armée ne pourra plus couvrir l’effectif réglementaire d’ici à 2030 si la tendance ne change pas. L’idée d’une « armée pour toutes et tous » ne serait-elle pas qu’une solution palliative ?

T : Il n’y a aucun lien de causalité entre ces deux éléments. Le premier porte essentiellement sur l’alimentation en effectifs. Nous nous en occupons déjà grâce à différentes mesures à court et moyen termes. Le monde politique s’efforce également d’aller vers le changement, par exemple à travers la motion sur le service citoyen. Néanmoins, la concrétisation de l’« armée pour toutes et tous » dépend de notre volonté et de nos actions visant à plus de diversité.  

A : Certains milieux voient dans cette idée un tabou brisé. Pouvez-vous comprendre ce point de vue ?

T : Je ne le comprends pas. Les militaires de milice en service armé seront toujours suisses, quoi qu’il advienne. En fait, la question touche l’administration militaire. Personnellement, je ne vois pas pourquoi une personne qui travaillerait dans un Centre de subsistance aurait besoin d’un passeport suisse alors que ce n’est pas le cas pour une autre engagée dans le domaine de la logistique ou de l’informatique.

A : Une dernière question avant de revenir sur l’œuvre d’art qui se trouve à nos pieds : vous avez beaucoup voyagé dans votre vie et passé passablement de temps à l’étranger. Qu’est-ce qui vous a le plus réjoui en revenant au pays ?

T : Je pense que c’est le pain. Un pain bien de chez nous, croustillant, fait si possible avec de la farine bise et recouvert de graines.

A : Merci, Thomas, pour cet entretien.

Anna Muser: Mi trovo qui a Berna nella zona di Palazzo federale, vicino alla funicolare del Marzili, e sto attendendo Thomas Süssli. È mattina presto e la città si sta risvegliando. Durante la notte è caduta la prima neve e tutto è ricoperto da un manto bianco. Accanto a me c’è un’aiuola di ghiaia rettangolare piuttosto grande nella quale sono presenti singole pietre di dimensioni maggiori. Si tratta di un’opera d’arte che è in sintonia con il tema di oggi. Desidero infatti parlare con il capo dell’esercito della sua idea «un esercito per tutti». Ritornerò sul discorso più tardi, infatti in lontananza vedo già arrivare Thomas Süssli.

Buongiorno, Thomas

Thomas Süssli: Buongiorno, Anna

A: Thomas, siamo qui accanto all’opera d’arte «Die Schweizen der Welt». Si tratta di un’opera realizzata dall’artista bernese George Steinemann. Ha portato qui pietre che recano anche loro il nome «Svizzera» da ogni parte del mondo. In contropartita nei luoghi dove le ha prelevate ha posato un cartello per escursionisti svizzero di colore giallo che indica la distanza dal nostro Paese. Dunque questo posto collega l’itera Svizzera con il resto del mondo. Mostra quanto siano variati il mondo e anche la Svizzera. Conoscevi già quest’opera?

T: No, ma avevo già letto qualcosa al riguardo e trovo che sia un’idea molto interessante.

A: Quest’estate hai fatto notizia. Sul Tages-Anzeiger si leggeva: Il capo dell’esercito infrange un tabu, servizio militare per gli stranieri. Cosa puoi dire in proposito?

T: Il nostro esercito è costituito da cittadine e cittadini svizzeri che prestano un servizio particolare per la sicurezza di tutti noi. Tuttavia l’esercito non è soltanto un esercito di milizia, bensì un sistema globale che comprende anche l’amministrazione militare, e lì abbiamo già oggi personale senza passaporto svizzero, per esempio nella logistica, nell’informatica e anche presso l’Accademia militare.

A: Quando parli di «esercito per tutti», cosa intendi?

T: Si tratta di un termine molto ampio. Mi piace questo motto, proviene dal Comando Istruzione e il Comando dell’esercito si identifica con il concetto. Significa che si tratta di un esercito dove tutti coloro che hanno la volontà e la possibilità di farlo possono apportare un contributo, e questo indipendentemente dal genere e dalla lingua. Posso per esempio immaginarmi anche persone con disabilità fisiche che forniscono un servizio prezioso nell’informatica o in ambito ciber.

A: Quali vantaggi ti attendi da una maggior diversità nell’esercito?

T: Da un lato l’esercito è il riflesso della società. Dalla diversità mi attendo che riusciamo a riprodurre questa realtà. L’esercito deve essere un luogo in cui tutti coloro che lo desiderano possono apportare un contributo. Desidero però anche che possiamo trarre un beneficio dalla diversità e dalla specializzazione che ne consegue.

A: Ritieni che il sistema esercito sia pronto per cosìtanta versatilità?

T: Il sistema esercito certamente. Talvolta ho l’impressione che siamo noi a non essere ancora completamente pronti sul piano culturale e della mentalità. Ma il bello della cultura è che se ognuno inizia da sé stesso, dall’indomani avremo già un altro esercito, e precisamente l’esercito che vogliamo. 

A: E tu credi che l’esercito sia in grado di compiere questo passo?

T: Noi possiamo farlo. Forse non da un giorno all’altro, ci vuole tempo. Però possiamo farlo.

A: Tu affermi che, se le attuali tendenze si confermano, entro il 2030 l’esercito non sarà più in grado di coprire i suoi effettivi regolamentari di persone incorporate. L’idea «un esercito per tutti» è dunque semplicemente una soluzione di comodo?

T: Non esiste nessun nesso tra questi due temi. Il primo riguarda realmente l’apporto di personale. A riguardo stiamo adottando diverse misure a breve e a medio termine. Anche a livello politico si stanno intraprendendo degli sforzi per indurre un cambiamento, per esempio con la mozione sul servizio civico. «Un Esercito svizzero per tutti» è invece qualcosa che intraprendiamo di nostra iniziativa per diventare un esercito versatile.  

A: In alcuni ambienti l’idea «un esercito per tutti» è considerata un’infrazione di un tabu. Riesci a comprendere questo punto di vista?

T: No, non riesco a comprendere questo punto di vista. L’esercito di milizia in servizio armato sarà ulteriormente costituito da cittadine e cittadini svizzeri. Qui si tratta specificamente dell’amministrazione militare. Non capisco quindi perché una persona che lavora in un centro di sussistenza oppure qualcuno che svolge la sua attività quotidiana nel campo della logistica o dell’informatica debba per forza avere un passaporto svizzero.

A: Ancora un’ultima domanda riallacciandoci nuovamente a quest’opera d’arte: nella tua vita hai viaggiato molto e hai trascorso lunghi periodi all’estero. Qual è la cosa che ti rallegrava maggiormente al tuo rientro in Svizzera?

T: Mi viene in mente il pane. Un autentico pane croccante svizzero, magari a base di farina bigia e con la crosta ricoperta di semi.

A: Grazie per la chiacchierata.

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